Anlayse SWOT: Facebook

Posted on 14. Sep, 2010 by in Blog

Nous continuons notre série d’analyse SWOT des différents réseaux sociaux, après Twitter et Linkedin, nous allons nous intéresser au géant Facebook.

Une des plus grandes forces de Facebook est sa plateforme ouverte. Cette dernière permet aux développeurs de créer des mini-applications et de les distribuer facilement à toute la communauté Facebook. Cette plateforme engendre un effet de cercle vertueux : les développeurs vont être tentés de publier leurs applications sur Facebook étant donné que ce réseau social donne directement accès à des centaines de millions d’utilisateurs potentiels; et ces applications, disponibles uniquement sur Facebook, contribuent à créer de la valeur additionnelle à ce dernier, ce qui augmente le nombre d’utilisateurs et augmente le bénéfice pour un développeur de créer ces applications. De plus, Facebook pourrait tenter ultimement d’obtenir des revenus supplémentaires en demandant une commission sur l’argent que les développeurs réalisent avec leurs applications.

Les multiples applications développées par les tiers peuvent aussi être considérées comme une faiblesse dans un certain sens. Étant donné le très grand nombre de celles-ci, plusieurs applications sont de piètre qualité et pour l’utilisateur moyen qui n’est pas au courant du fait que les applications ne sont pas développées par Facebook, la faible qualité de l’application se verra attribué à Facebook et non à la compagnie tierce. De plus, les amis de ceux qui sont fanatiques d’applications et de mini-jeux se font constamment harceler par des requêtes leur demandant s’ils veulent installer des applications. Étant donné qu’il y a toujours de plus en plus d’applications, plus il y aura de gens inscrits à Facebook, plus ceux-ci auront d’amis et le spam de « Feeds » indésirables sera de plus en plus présent.

En plus des applications qui permettent de garder les utilisateurs accrochés au site, Facebook réussit à rendre les utilisateurs accrocs à partir des « Status » dont ils sentent le besoin de mettre à jour le plus fréquemment possible ainsi qu’à partir des « Feed » qui met les utilisateurs au courant de toutes les nouveautés impliquant le profil de leurs amis.

D’un autre côté, l’une des faiblesses importantes de Facebook est son modèle d’affaire. L’entreprise vient tout juste de réaliser un «cash-flow» positif en septembre 2009[1], tout cela après un peu plus de cinq ans d’activité et plusieurs millions de dollars investis, soit environ 715 millions[2] en date de mai 2009. Forbes estime que Facebook «brûle» près de 200 millions de dollars par année[3]. Cette faiblesse est due en partie au peu de revenus que Facebook réussit à aller chercher dans son système de publicité. Étant donné que Facebook est avant tout un site permettant aux utilisateurs de sociabiliser, ceux-ci ne sont pas dans un mode « achat » et ne sont donc pas attiré par les publicités. Le résultat est donc un faible taux de clic et de maigres revenus pour l’entreprise.

Malgré son modèle d’affaire peu profitable pour le moment, Facebook possède des opportunités incroyables de faire de l’argent. Une des meilleures opportunités sera seulement possible si Facebook gagne la guerre de standard des systèmes d’authentification unique avec Facebook Connect. En effet, si la majorité des sites sur le web utilisent le système d’authentification unique de Facebook, ce dernier sera en mesure de proposer un service de publicités similaire à AdSense. Connaissant beaucoup plus personnellement les utilisateurs en utilisant leur profil Facebook, les publicités affichées seront beaucoup plus précises que le service de Google. Et étant donné que les utilisateurs ne sont plus dans un contexte social pur lorsqu’ils sont à l’extérieur du site de Facebook, le taux de clic ne se verra pas affecté.

Toujours dans l’optique d’améliorer ses revenus, avec la masse critique d’utilisateurs que Facebook possède, l’entreprise a une belle occasion de faire beaucoup d’argent à partir des micro-transactions. Il suffirait donc à Facebook de trouver de nouvelles occasions pour les utilisateurs d’acheter des cadeaux virtuelles ou d’autres biens virtuels à bas prix. Facebook pourrait aussi intégrer un nouveau modèle d’affaire « peer-to-peer »[4] en profitant de sa masse d’utilisateur, par exemple en permettant aux utilisateurs de faire l’échange de biens à peu de frais, similaire au modèle d’affaire d’eBay.

Bien que la masse critique de Facebook soit un immense avantage concurrentiel et un facteur permettant plusieurs opportunités, cette force pourrait se retourner contre la compagnie. Étant donné que Facebook possède un profil très précis et complet sur tous ses utilisateurs, la compagnie pourrait être la cible d’une organisation de malfaiteurs qui voudrait s’approprier toutes ces données à partir de moyens illicites en exploitant des failles de sécurité dans la plateforme de Facebook. L’entreprise doit donc s’assurer que tous ses systèmes assurant la sécurité soient sans faille et ainsi éviter une brèche importante qui risquerait d’anéantir la confiance des utilisateurs envers Facebook.

Parlant de confiance, avec tous les cas de vie privée qui font manchettes de plus en plus dans les médias, la confiance des utilisateurs actuels et futurs est ébranlée. Facebook doit donc être très prudent avec ses tentatives de rentabiliser son service avec la publicité. D’ailleurs, Facebook l’a constaté en novembre 2007 en lançant Beacon, une tentative d’insérer des publicités dans la fameuse section des «News Feed» de chaque utilisateurs, où l’on peut d’ailleurs voir les activités récentes de tous nos amis. La réaction des utilisateurs fut immédiate et Facebook n’avait d’autre choix que d’annuler Beacon après un mois d’intenses protestations.

Finalement, le CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, a souvent mentionné qu’il se concentre à agrandir la masse d’utilisateur avant tout et que la compagnie focalisera sur son modèle d’affaire et ses revenus en 2011 seulement[5]. L’entreprise se doit donc de continuer à être innovatrice pour garder ses utilisateurs et maintenir le « buzz », spécialement auprès des jeunes qui constituent l’avenir de Facebook. Sans cette innovation, Facebook pourrait bien se voir voler son pôle position par un concurrent existant ou nouveau avant même avoir réalisé des profits importants.


[1] Nick Clark, Facebook heads towards profit, The Independent, 2009, http://www.independent.co.uk/news/business/news/facebook-heads-towards-profit-1788430.html

[2] Prashant Sharma, Phishing Scams, Site Blockage, Trademark Disputes & Lots of Money…All That Happening With Facebook, TechPluto, 2009, http://www.techpluto.com/facbook/

[3] Taylor Buley, Facing Up To Facebook’s Value , Forbes, 2009, http://www.forbes.com/2009/04/06/facebook-advertising-rates-technology-internet-facebook.html

[4] Arpan Shah, Is Your Face on Facebook? , 2007, http://blogs.msdn.com/arpans/archive/2007/10/14/is-your-face-on-facebook.aspx

[5] Sam Diaz, Facebook’s new look: Will it show us the money?, ZDNet, 2009, http://blogs.zdnet.com/BTL/?p=13909

Avec son réseau social Orkut, Google peut-il inquiéter Facebook?

Posted on 29. Aug, 2010 by in Blog

Tout d’abord avant de répondre à cette question, nous allons présenter Orkut en quelques lignes, considérant que Facebook lui n’est plus à présenter. Orkut est le réseau social de Google, il a été créé par un étudiant d’origine turque de l’université Stanford du nom de Orkut Büyükkökten avant qu’il ne devienne employé de Google. Orkut a été lancé en Janvier 2004 et compte 50 millions d’utilisateurs dont plus de 50% sont au Brésil ; l’Inde arrive en 2ème position des pays utilisateurs.

Pourquoi et comment Orkut peut supplanter Facebook?

1. L’identifiant unique de Google

Grâce à son identifiant unique, Google pourrait tirer profit de ce que je me permets d’appeler un effet de réseau à l’intérieur des services Google. C’est à dire qu’un internaute qui utilise, Gmail, Youtube, et Picasa serait plus enclin à utiliser Orkut, tirant avantage de l’interopérabilité des plateformes et réduisant par la même occasion la « fatigue du mot de passe ». D’autant plus qu’il existe une application sur Orkut afin d’utiliser Facebook.

2. Orkut est leader sur deux gros marchés démographiques : Le Brésil et l’Inde

D’après Andrew Lipsman, directeur d’analyse chez comScore, la domination d’Orkut dans ces deux marchés s’explique par des raisons historiques. Bien qu’ils soient extrêmement éloignés, le Brésil et l’Inde ont connu la même évolution au niveau de l’utilisation d’Internet.

Et si Orkut se servait de l’exemple de réussite qu’il a eu au niveau de ces deux marchés ; et adoptait une stratégie différente de celle de Facebook consistant à s’attaquer à des marchés bien spécifiques aux croissances rapides, en adaptant son Interface en fonction des particularités culturels de chaque marché. Certains “Facebook fans” me diront que Facebook a déjà été traduit dans 65 langues. Je leur répondrai que par particularités des marchés, je ne visais pas simplement la langue, mais aussi bien les applications, le caractère privé du réseau, les fonctionnalités ainsi que les couleurs de l’interface.

Pourquoi Facebook est–il indétrônable ?

1. L’effet de réseau

Plus le temps passe, plus il y a de membres sur Facebook, et plus il en recrute. C’est la loi empirique de Metcalfe, qui dit que l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs.

2. Le coût du changement pour remplacer de Facebook

C’est l’effort d’apprentissage que devront réaliser les membres de Facebook pour utiliser un autre outil tel Orkut, d’autant plus qu’un des gros avantages concurrentiels de Facebook est sa facilité d’utilisation.

3. Facebook ressemble à un Web simplifié

Selon James Gavin, consultant pour comScore : « Pour beaucoup, Facebook a remplacé l’e-mail traditionnel. C’est déjà devenu un Web dans le Web ». Quand nous savons que l’e-mail est la première activité sur Internet, cela nous donne une idée du temps passé par les membres sur le site Facebook.

4. Facebook fût le premier à ouvrir sa plateforme informatique

Ce qui a permis le développement de différentes applications et jeux qui ont augmenté la popularité du site. Dans son post, mon collègue Romain Larmet développe ce phénomène que l’on appelle crowdsourcing.

Et pour finir…

Je pense que les particularités locales et culturelles des différents pays ainsi que le caractère trop global et virtuel des réseaux sociaux actuels laissent une place pour le développement de réseaux sociaux de niche où les membres de ces réseaux se sentiraient plus proches. Qui sera le premier à prendre ce virage ?

Sources :

http://bits.blogs.nytimes.com/2009/09/14/where-google-is-really-big-india-and-china/?hp

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/09/30/le-succes-de-facebook-marginalise-ses-concurrents_1247200_651865.html

http://www.webanalyticsworld.net/2007/05/social-networking-facebook-vs-orkut.html

http://fr.mashable.com/2007/10/09/orkut-des-nouveautes-en-preparation/

http://chimprawk.blogspot.com/2006/05/facebooks-critical-success-factors.html

Comment mesurer le ROI des médias sociaux ?

Posted on 01. Aug, 2010 by in Blog

C’est la question que se posent les Marketers de toute la planète, qui sont 84% à ne pas mesurer le ROI (Return On Investment) de leur présence sur les médias sociaux selon une étude récente publiée par E-Marketer.

Selon E-Marketer, il y a 3 principales raisons qui expliquent le fait que moins d’1 Marketer sur 5 mesure le ROI des médias sociaux :

  • Les Marketers croient que la mesure du ROI des médias sociaux est difficilement réalisable
  • Il y a tellement de métriques disponibles qu’il devient difficile de déterminer lesquels choisir
  • Les Marketers ne commencent pas par déterminer des objectifs clairs pour l’utilisation des médias sociaux

En effet, avec la prolifération des médias sociaux (blogs, réseaux sociaux, forums, etc..) une énorme quantité de conversations a lieu en ligne tous les jours et la tendance des nouvelles, en particulier négatives, peut se propager très rapidement. Les praticiens du Marketing se posent alors les questions suivantes : À quelle fréquence les internautes envoient des Tweets sur notre marque ? Quel effet ma présence sur Facebook a-t-elle sur les visites et sur les transactions de mon site Web ? Les visiteurs en provenance des réseaux sociaux ont-ils un meilleur taux de conversion ? En d’autres termes, est ce que ça vaut la peine pour une entreprise d’avoir une présence dans les médias sociaux ? Pour pouvoir répondre à cette question, il faut être capable de mesurer le retour sur investissement que cette présence génère.

Lignes directrices pour la mesure du ROI des médias sociaux

Dans un rapport qui s’intitule « Seven Guidelines for achieving ROI from Social Media », E-Marketer présente 7 lignes directrices pour la mesure de performance sur les médias sociaux que je partage ici avec vous :

1. Établir des objectifs Marketing clairs pour votre marque ou produit, et identifier les indicateurs de performances clés (KPI :Key Performance Indicators) qui supportent directement vos objectifs

2. Catégoriser les KPI  en différents groupes :

  • Exposition : KPI qui quantifient la portée des initiatives dans les médias sociaux
  • Engagement : KPI qui mesurent les interactions des internautes avec la marque
  • ROI/revenus : KPI qui quantifient les revenus liés à la présence dans les médias sociaux

3. Adopter une vision à long terme dans l’utilisation des médias sociaux. Il s’agit d’un engagement et non d’une simple campagne limitée dans le temps. De plus les marques qui songeraient à se désengager des médias sociaux risquent de détruire leur image de marque auprès des consommateurs.

4. Si vous n’arrivez pas à mesurer les métriques liées directement aux revenus et/ou aux ventes; considérez des métriques plus souples tels :

  • Le nombre de fans d’un groupe su Facebook
  • Le nombre de Followers sur Twitter
  • Le nombre d’occurrence du nom de la marque
  • Le nombre de pages vues depuis les médias sociaux

5. Mettre une valeur monétaire sur les clients de la marque qui choisissent de s’engager et de défendre votre marque dans les réseaux sociaux. Les Marketers doivent développer des moyens intelligents pour attribuer des valeurs monétaires aux métriques que nous avons cités au point 4.

6. Dans votre calcul du ROI, ne négligez pas les économies de coûts qui résultent de la présence de la marque dans les médias sociaux. Par exemple, lorsque vous possédez une communauté virtuelle de vos utilisateurs, celle-ci peut soulager énormément votre ligne téléphonique de support client.

7. Utiliser des capacités technologiques pour mesurer l’empreinte digitale de vos clients – si possible en temps réel. En d’autres termes, les Marketers doivent développer des outils technologiques tels des logiciels CRM (Customer Relationship Management) qui leur permettent d’avoir une vue globale à 360 degrés de l’empreinte numérique qu’un internaute laisse sur la toile lorsqu’il s’engage pour leur marque. Tout cela dans le but d’avoir une meilleure connaissance du comportement de vos clients et de mieux les atteindre.

Mais il y a des limites…

Dans un article publié sur son site, Jason Falls -un gourou du Social Media Marketing- dit: “The problem with trying to determine ROI for social media is you are trying to put numeric quantities around human interactions and conversations, which are not quantifiable”.

Je suis assez d’accord avec l’affirmation de Jason car lorsqu’on réalise du Networking traditionnel (Salons, conférences, petits-déjeuners du Marketing) nous ne mesurons pas le succès de cette activité au nombre de ventes réalisées mais ce qui nous intéresse c’est plutôt de rencontrer des prospects, recueillir des informations pertinentes ou encore de trouver un partenaire stratégique. Pourquoi donc vouloir mesurer le social media avec des indicateurs strictement financiers ?

Néanmoins, je pense qu’il est très important de pouvoir mesurer l’impact de la présence sur les médias sociaux. Seulement il ne faut pas s’attarder sur des indicateurs de performances strictement quantitatifs, il faut pouvoir ressortir des gains autres que financiers.

Ce qu’il faut retenir…

Selon moi, la clé pour la mesure de la performance Web des médias sociaux est de capturer la valeur créée par ceux-ci en traduisant les conversations en ligne en des informations précieuses qui permettront de prendre des décisions d’affaires pertinentes et éclairées.


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